Le Noël de François - 2/3

L’histoire du
04 décembre 2018
Le Noël de François - 2/3

Hier, tu t’en souviens, nous avons laissé Paola, petite fille du village de Greccio, dans le sud de l’Italie, alors qu’elle s’en retournait chez elle, après avoir aidé François, l’homme de Dieu, à nettoyer une grotte pour y célébrer la messe de Noël.

Paola aimait beaucoup les animaux de la ferme. Plus ils étaient petits, et faibles, et plus elle s’attachait à eux, et elle s’en occupait, et elle les soignait, et elle les nourrissait même un peu plus en cachette pour qu’ils soient en bonne santé.

De tous, son préféré, c’était le petit âne. Le papa de Paola n’aimait pas beaucoup la petite bête : il le trouvait trop petit pour tirer la charrette. Et il était trop faible pour porter de lourdes charges au marché. Il était trop fragile pour sortir quand il faisait trop chaud, ou trop froid. Il était trop calme pour transporter quelqu’un sur les chemins : il marchait tellement lentement qu’on allait plus vite à pied ! Aussi, il parlait de plus en plus souvent de s’en débarrasser…

Paola fila donc directement dans la grange de la ferme de son papa pour voir son petit âne.
- Piccolo ! luit dit-elle. J’ai eu une idée, j’espère qu’elle plaira à François, parce que cette fois, tout le monde te trouvera utile !

Et, heureuse et soulagée, elle alla se coucher.

Le lendemain, elle retrouva François, entouré de nombreux villageois, sur la place du village.
Ils discutaient de la façon dont ils pourraient trouver de grandes statues, pour figurer Marie, Joseph, l’enfant Jésus, l’âne et le bœuf, et d’autres personnages, dans la grotte où ils allaient célébrer Noël.
- Ça coûte cher, les statues, disait l’un. Cotisons-nous pour en acheter !
- Non, dit François, tant qu’il y aura des pauvres qui ne mangent pas à leur faim, je ne voudrai pas d’argent pour cela.
- On peut aller en emprunter à la grande ville, dit un autre.
- Oh non, mon ami, dit François, l’hiver est bien installé, les routes sont déjà peu sûres, je ne voudrais pas que l’on risque sa santé pour cela.

- Moi je sais ! dit une petite voix.

Tout le monde chercha qui avait bien pu parler. Ce fut François qui devina le premier, car il était attentif à tout le monde, même et surtout les enfants, les pauvres et les petits.
- Parle, Paola, dit-il avec un beau sourire.
Paola rougit un peu, mais dit :
- Pour les autres, je ne sais pas, mais pour l’âne, il y a Piccolo. Mon papa dit souvent qu’il ne sert à rien, mais il est très gentil et ne bouge pas, il n’ira pas faire du bruit ou détaler pendant la messe, si je lui dis il restera bien calme, dans la grotte, à veiller sur l’enfant Jésus, sage comme une statue.
Il y eut quelques rires, mais François, lui, ne se moqua pas. Un merveilleux sourire, très doux, très humble, s’épanouit sur son visage, et une petite lumière sembla s’allumer dans ses yeux.
- Paola, dit-il, c’est notre Seigneur qui parle à travers toi, comme Il aime bien le faire et comme Il nous le dit dans l’Évangile : laissez venir à moi les petits enfants, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent…
Tout le monde était silencieux, maintenant, attendant ce qu’allait bien pouvoir dire le bon François.
- Les amis, dit François, dans la grotte, dans la forêt, nous allons célébrer la Noël, la naissance du seigneur Jésus, non pas avec des statues, mais avec un vrai âne, un vrai bœuf, une vraie Marie, un vrai Joseph !

- Tu… tu veux dire des vrais gens ? demanda la curé, étonné.
- Oui, mon ami, dit frère François. 
- Mais, reprit le curé, on n’a jamais fait ça ! Ce serait… extraordinaire !
- Ah ça, dit François, moins que le fils de Dieu venant sur terre sous la forme d’un petit bébé couché dans la mangeoire…
- Tu as raison, comme toujours, dit le curé en riant.

Dès lors, ce fut presque une bagarre pour savoir qui allait jouer Joseph, et qui Marie. 
Il y eut de grandes discussions, et François passa bien du temps à faire en sorte qu’on ne se chamaille pas. Enfin, Josépha, la fille du potier, fut choisie, ainsi que Renato, le rétameur. Ils étaient tous deux des jeunes gens doux et agréables, ne faisant pas de chichis, à la vie simple et honnête, et ne faisaient d’histoires à personne. 
- Il faut leur faire de beaux vêtements avec des fils d’or ! dit quelqu’un. Ce sont quand-même Marie et Joseph, la mère et le père nourricier du fils de Dieu ! 
- Surtout pas, dit François. Ce sont de simples gens, humbles et doux de cœur. Ils ne faisaient sûrement pas parler d’eux, et ils recevaient tout ce que Dieu leur donnait, agréable comme désagréable, avec joie et simplicité. Il faut que Marie et Joseph soient habillés de façon simple.

Beaucoup comprirent qu’à travers cette aventure, François voulait leur montrer l’Évangile, pas seulement leur en parler, mais faire en sorte qu’ils puissent le voir de leurs yeux !

On trouva un bœuf fort calme et sympathique, et on fit encore beaucoup d’autres préparatifs en vue de la fête qui se préparait.

Paola, cependant, malgré sa joie d’avoir pu partager son idée, était un petit peu embêté. Il y avait une chose à laquelle personne n’avait pensé. Devait-elle en parler à François ? Elle rentra chez elle en se disant que la nuit porte conseil. Elle trouverait bien le temps de lui en parler le lendemain !

La suite et la fin demain ! 

En plus - Le Noël de François 2/3

Dans la fiche « en plus » du jour, tu trouveras un extrait de la prière d’un âne de Robert Dartevelle et une fresque représentant la première crèche de Noël.

Télécharge ta fiche « en plus » : 
http://www.lecheminversnoel.fr/sites/default/files/4decembre_odrbq.pdf