Le Noël de François - 3/3

L’histoire du
05 décembre 2018
Le Noël de François - 3/3

La veille de Noël arriva. Tu le sais, c’est comme pour tous les jours de fête : on attend, on attend, on demande à papa et maman : c’est déjà Noël ? Et papa et maman répondent : non, ma puce, encore huit dodos ! Huit dodos, flûte, c’est long ça huit dodos. On voudrait que ce soit déjà là. Et puis, on n’y pense plus. Et soudain, on y est !

Paola, ce jour-là, était toute joyeuse. Elle se leva, se lava, s’habilla, avala son bol de gruau, alla aider maman, papa, ses frères et sœurs, tout en papotant sans s’arrêter.
- Oui, lui dit son grand-frère, on a compris que ton âne va jouer dans une pièce de théâtre avant la messe ! Va aider quelqu’un d’autre, tu parles trop !

Et Paola filait aider maman à préparer les pois chiches pour le dîner. Et patati, et patata, elle parlait, parlait, parlait.
- Oui, lui disait maman, j’ai compris qu’on va célébrer dans une grotte, et qu’il y aura des bougies, et des branches, et du gui, et que tu as aidé à décorer ! Ce sera formidable ma chérie, mais je crois que papa a besoin de toi.

Et Paola passa toute la journée à aller aider l’un, et l’autre, de ci, de là, tout en racontant sa joie d’être à Noël et la veillée qui se préparait. Des hommes étaient venus chercher Piccolo dans la matinée, pour l’amener à la grotte et le préparer. Paola leur donna plein de consignes, et regarda partir le petit âne avec fierté.

Il y avait beaucoup de travail à la ferme, car on allait accueillir des voisins et des amis. L’annonce de la célébration de Noël dans une grotte, avec des acteurs, un vrai âne, un vrai bœuf, avait fait beaucoup de bruit. Même ceux qui ne venaient pas d’ordinaire à la messe avaient très envie de voir ça ! Alors, on allait accueillir ceux qui venaient de loin, de fermes et de hameaux plus haut dans les collines, et qui ne pouvaient pas repartir chez eux de nuit.

Et puis, en préparant, et grâce à François qui savait si bien réunir les gens, certains avaient commencé à se parler, ils avaient découvert un voisin, ou un lointain cousin, ils avaient appris à mieux se connaître. Aussi, au lieu de rester bien chez soi, enfermé, calfeutré, on avait prévu çà et là de partager le repas de la nuit de Noël, après la messe. Il y avait un air de joie et de fête qu’on n’avait pas vu depuis longtemps.

Paola, toute à ses occupations, se souvenait de temps en temps qu’elle avait quelque chose à dire à François. Mais quoi ? Tout semblait prêt.

On avait balayé la grotte.
On avait fait monter des bancs, des tabourets, des chaises, et même des bûches pour s’asseoir.
On avait préparé des feux pour éclairer et pour chauffer.
On avait dressé une petite table en guise d’autel.
On avait accroché une croix, au fond, sur la paroi.
On avait fait de beaux bouquets de branchages, de houx et de fleurs séchées.
On avait étalé de la paille, pour l’âne et le bœuf, qui s’entendaient à ravir et regardaient tous ces préparatifs avec de grands yeux attentifs.
Marie, Joseph, étaient prêts, habillés simplement, et tout à leur rôle.

Maintenant, c’était la nuit, la cloche sonnait, et tout le village descendait la colline des lampes à la main, comme un torrent de lumière dévalant la montagne. Ceux qui racontèrent ce jour-là, dirent qu’il y avait tellement de lampes, tellement de monde que la forêt semblait être éclairée comme en plein jour.

Paola, tenant fièrement une petite lampe, trottinait au côté de sa maman, quand soudain, elle se souvint de ce qu’on avait oublié de dire : l’enfant Jésus ! Elle lâcha la main de sa maman et courut vers l’avant de la colonne, pour rejoindre François, qui marchait près du prêtre et des acteurs.

François sentit qu’une petite main tirait sur sa robe de bure. Il vit Paola et lui dit :
- Paola ! Tu as l’air bien préoccupée en ce jour de joie !
- François ! dit Paola, on n’a pas prévu d’enfant Jésus.
- Ne te soucie de rien, dit François, l’enfant, c’est Dieu qui nous le donne.

Paola retourna en arrière dans la colonne, toute étonnée. Elle ouvrit de grands yeux, pendant la messe, mais ne vit nulle part d’enfant Jésus. Puis ce fut le moment où François devait parler.

Paola vit alors François se pencher sur la mangeoire, qui semblait vide, et en sortir un petit bébé qui dormait. L’enfant, dans les bras de François se réveilla et lui sourit. Il y eut comme un vent de joie douce et profonde, qui toucha tous les cœurs en cet instant, et quelques larmes. François regarda la foule si nombreuse et dit :
- Mes amis, comme ce petit enfant qui se réveille quand on le prend dans les bras, que la joie du seigneur Jésus, la vraie joie de Noël, se réveille dans votre cœur !

Paola, sa famille, son village, vécurent cette année-là le plus merveilleux des Noël. Tant et si bien qu’on en parla longtemps, longtemps, et que, petit à petit, d’abord en Italie, puis partout dans le monde connu, on se mit à fêter Noël en faisant jouer le rôle de la sainte famille à des gens du village. Puis, petit à petit, on trouva plus simple de faire représenter les personnages par de petites sculptures. 

C’est ainsi, mon ami, qu’est née la crèche que tu connais aujourd’hui, au pied de ton sapin. Lorsque tu la regardes, tu peux penser bien sûr, à Joseph, à Jésus, à Marie. Mais tu peux aussi faire une petite prière pour tous ceux qui fêtent Noël, et pour tous ceux qui ne le fêtent pas. Et, bien sûr, dire un petit merci à saint François, et à ses amis les villageois de Greccio, quelque part, au sud de l’Italie, en 1223. C’était il y a… très, très longtemps !

Fin du Noël de François.

Demain, tu vas découvrir un nouvel ami et poser un nouveau personnage dans la crèche. Mais… chut, je ne t’en dis pas plus !
 

En plus - Le Noël de François - 3/3

Ce jour, tu trouveras dans ta fiche « en plus », une prière et une anecdote sur le prénom de notre pape. 

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